Notre décision de participer à cette finale a muri petit à petit avant de devenir l’objectif de la saison de notre petite équipe. Du rallye du pays basque, je n’avais que des échos positifs, chacun soulignant la particularité du relief et du revêtement de cette région. Très tôt, je collectais donc des infos à ce sujet. Antony Mora s’était montré assez peu loquace lors du rallye de Bonaguil, et du coup j’avais poussé un peu plus mes investigations. Yohan Dupouy, un fidèle de l’épreuve, et Manu Guigou, qui a réalisé le guide du spectateur pour rallye mag ont été mes principales sources pour définir un setup adapté pour ce rallye inconnu. Le DVD plutôt bien foutu de l’organisation a apporté la dernière touche.
Principale difficulté, un revêtement très « fermé », qui n’évacue ni eau, ni poussière, avec peu d’adhérence quelles que soient les conditions. Deuxième difficulté, des ciels spectaculaires qui délestent souvent. Troisième difficultés, quelque courbe très rapides, sur des routes toujours étroites. Dernière, des cordes souvent praticables, dans un relief gorgé d’eau en cette saison, ce qui garanti de la boue sur la route même en l’absence de pluie.
En remuant tout ça, ça donne peu de carrossage, des ressorts souples, un train arrière qui n’ouvre pas (rarissime chez moi) et de nouveaux support de siège permettant de voir derrière les ciels ;-) Une voiture pas très efficace, mais facile et sécurisante. Finalement (et logiquement) soumis au marquage, je marque 4 A20 et 4 A00, après avoir hésité à marquer 4 mixtes à la place des A20. Le choix était trop risqué en cas de crevaison. L’éclairage a été également amélioré, surtout vers les cotés.
Il n’y a « que » 35 km à reconnaître, et à part quelques km de la spéciale de Pessarou, les spéciales se mémorisent assez bien, surtout après avoir multiplié les visionnages du DVD de l’organisation. Un bon planning de recos nous permet une prise de notes « claire » et efficace, en évitant les convois qui ne manque pas de se former aux heures de pointes.
Au niveau stratégie, aucune alternative : nos adversaires les plus sérieux sont Romain Ferry, régulièrement aux avant postes dans le trophée Clio R3, et Christophe Barnaud, qui compte 2 victoires scratchs à son actif sur des rallyes pas faciles. Ils disposent qui plus est de la version maxi evo 2009 de la Clio R3, avec le moteur 250cv et les dernières évolutions au niveau des freins. Malgré les améliorations apportées en court d’année sur notre Clio, sur le papier, nous ne sommes qu’outsider, il faudra partir vite et s’accrocher.
Le rallye commence le vendredi soir par Pascoenia, spéciale traditionnelle de ce rallye, avec ses fameux ciels. Très concentré, Bruno me balance des notes parfaites quasiment sans jamais relever la tête et nous réalisons le 7eme temps scratch. Les pneus ont pris très peu de pression, le grip est faible. Il leur faudra même une paire de km pour remonter en T° dans l’ES 2 ou nous réalisons le 6eme temps scratch. Encore une fois, la nuit fut notre alliée et nous rentrons à Anglet avec 19s d’avance sur nos 2 adversaires. Nous sommes à moins d’1,5s au kil de Salanon, les connaisseurs apprécieront.
Il a plut pendant la nuit, et peu suiveur, je choisis des mixtes, T1A et M2B, malheureusement retaillés à 30% pour respecter la réglementation. J’aurais préféré 4 M2B, mais bon, c’est la vie. Mes adversaires sont en slick, plus ou moins cuté ou retaillé. Ma lecture du terrain est la bonne, ce revêtement diabolique n’évacue rien du tout et les routes sont grasses à souhait, seule la 3eme ES est un peu plus sèche. Le choix est bon, et notre avance passe à 30 et 35 s sur nos 2 adversaires. Barnaud nous met 5s dans la dernière, laissant entrevoir le potentiel des maxis dés que le terrain s’améliore… va falloir s’accrocher.
Un tour et 2 spéciales plus loin (Pascoenia a été annulée), notre avance est tombée à 26s avant le rush final. Les 2 chronos sont pour eux. Nous avons à quelques « cut » prés la même monte pneumatique, des slicks retaillés à 30% pour moi, un peu moins pour eux, la route est très glissante bien que séchant, et les chronos s’améliorent peu. Un petit souci de phasage d’aac nous coute quelques dixièmes.
A l’assistance, le temps de récupérer les acquisitions de données et de changer le capteur qui déconne, il faut choisir à nouveau les pneus. Le site de météo France est en rideau, et c’est le bon vieux répondeur d’un service de météo agricole bien connu qui nous prédit la pluie dans 15 minutes sur les ES. Nous rechaussons donc les mixtes retaillés, et nos adversaires font de même.
J’assure trop dans Pascoenia, et avec des adversaires de cette trempe, ça se paye cash : Laurence nous apprend par sms que Ferry nous colle 12s et revient à 14s. Il reste 22 km de chronos. Ce sera l’attaque « bleu teinté », des courbes en 6 avalées au rupteur, des freinages appuyés, un peu de chance, et un 4 eme et un 5eme temps scratch dans les 2 dernières ES, à chaque fois à moins d’une au kil du scratch. Partant devant, nous n’avons pas les chronos des lascars, impossible donc de doser notre effort. Au final, nous l’emportons avec 20 s d’avance sur Romain Ferry. Probablement amer, il ne nous offrira pas la poignée de main de circonstance. Nous nous contenterons sans difficulté du mot gentil de sa copilote, et c’est avec une joie intense que nous emportons ce duel à trois.
A ce succès doivent être associés, entre autre, Francis Viarouge, pour ses suspensions magiques, et Olivier Bau, notre motoriste, et, bien sur, les routes basques !
Jean Michel Da cunha, à la peine au début, fini 6eme, juste devant nous et remporte le groupe N. c'est donc 2 copains qui habitent à quelques km qui remportent la moitié des 4 catégories de cette finale!
